
J’ai une famille très littéraire du côté de ma mère, tous exercent un métier lié à la linguistique, la littérature ou la pédagogie. La vie de mes grands parents russes a été rythmé par la poésie, les romans, les auteurs classiques etc. C’est d’ailleurs toujours le cas, ça a l’air romantique vu comme ça, mais être une petite fille 2.0 dans cette famille, n’est pas toujours évident. Combien de fois j’ai entendu dire que je n’étais pas assez cultivée, que je ne lisais pas assez de livres, que mon éducation était à compléter, tout ça parce que je n’ai pas lu les grands classiques, que même si j’en ai lu quelques uns, ils n’ont pas changé ma vie, et que, tout simplement je préférais m’intéresser à d’autres choses qu’à la littérature. Croyez-moi, ce n’est pas facile à faire comprendre!
Lorsque j’ai choisi de partir en Erasmus à Prague, outre l’incompréhension de certaines personnes, j’ai été surtout confronté à l’étonnement, « aller étudier le droit, à Prague!!!? ». Seul mon grand-père n’émettait aucun jugement. Avant de partir, je reçois une lettre de mes grands parents (vous vous attendiez à quoi, on s’écrit des lettres dans la famille) dans laquelle mon grand père me demandait de profiter du temps où je serais à Prague, pour retrouver la trace d’un ami tchèque à lui, un écrivain de livre pour enfants qu’il avait perdu de vue après la Perestroïka.
J’avoue que je l’aie un peu pris comme un fardeau, retrouver quelqu’un que je ne connais pas, qui a le même nom que 5 autres personnes dans l’annuaire, parler avec des inconnus au téléphone, en tchèque, tout ça ne me réjouissait guère.
Et puis ma mère m’a encouragée, on a persévéré, on nous a aidé, on l’a appelé, et il a répondu.
Voilà comment hier, j’ai rencontré un homme fort intéressant à l’autre bout de Prague, qui m’a raconté des anecdotes sur sa vie de « personne neutre », et d’écrivain censuré pendant l’occupation soviétique en république tchèque, ses rencontres avec mon grand père, ses livres. C’était une impression agréable d’absorber toutes ces informations pour pouvoir tout restituer sur papier à mon grand père plus tard. Et je pense que lui voyait en moi un bout de mon grand-père, un peu comme un répondeur sur lequel il enregistrait un message qui serai transmis en différé à son ami dont il avait perdu la trace.
Rencontre terminée, je m’empresse d’appeler mon grand-père histoire de lui annoncer la nouvelle. Voix heureuse au bout du fil, mission accomplie!
1 commentaire reçu(s)
très beau geste de ta part et je l’espère une rencontre qui t’a permis d’en apprendre plus sur ton grand-père et son histoire. Bisous belle brune
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